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colombe

“(Et Jésus) leur dit: allez par le monde entier, proclamez l’Evangile à toutes les créatures […]. Donc le Seigneur après leur avoir parlé, fût enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils partirent prêcher partout : 

L e Seigneur agissait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaientˮ (Mc 16, 15. 19-20). « Dans la finale longue de Marc, l’ordre d’annoncer l’évangile correspond au résumé de l’activité de Jésus en 1, 14-15 et évoque une forme kérygmatique et itinérante d’évangélisation, communication rapide de la Bonne Nouvelle où celle-ci agit de par l’impact de la joie qu’elle suscite » (Lucien Legrand, Le Dieu qui vient, La mission dans la Bible, p. 101).

« Peut-être jusqu’ici n’étions pas entrés franchement dans la vie des apôtres, ou bien, au milieu de notre course, avions-nous laissé fléchir notre zèle, attristés par les imperfections de la la nature qui s’étaient réveillées en nous […]. Allons donc comme de vrais apôtres, pleins de joie, pleins de zèle, pleins de courage. Ces trois vertus seront la preuve que nous resterons fidèles à notre Maître, tandis qu’elles nous soutiendront dans les épreuves de notre ministère qu’elles rendront facile, doux et fructueux » (De Brésillac, Retraite aux missionnaires, p. 238).

Courage, joie et zèle, éléments indispensables à l’annonce de l’Evangile

“Le succès de l’annonce de la Bonne Nouvelle repose sur le triptyque vertueux Courage – Joie – Zèle. L’absence de l’un ou de l’autre peut freiner la proclamation de l’Evangile, comme le suggère Jean 20,19. En effet, ce verset révèle au lecteur qu’après la crucifixion de Jésus, les disciples s’étaient enfermés dans une maison par peur des autorités juives. Autrement dit, les disciples s’étaient enfermés par manque de courage. La peur donc, peut être un frein à l’annonce de l’Evangile, il faut pour cela avoir le courage de sortir des retranchements, de déverrouiller les portes qui maintiennent dans les habitudes, les cultures et les certitudes pour aller porter la Bonne Nouvelle aux autres.
Porter la Bonne Nouvelle aux autres est source de joie, deuxième élément du triptyque. L’exhortation apostolique Evangelii Gaudium y est consacrée. Elle développe une section « La douce et réconfortante joie d’évangéliser » et informe par ailleurs le lecteur qu’il y a la joie de l'Évangile, une joie qui « remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus » car avec lui « la joie naît et renaît toujours » (EG 1). Il est de ce fait important que toute personne disposant de cette joie la porte aux autres.
Ainsi, il pourrait être dit de la joie ce que les évêques latino-américains et des Caraïbes disaient de la vie par rapport à la mission, quand ils affirmaient avoir découvert une nouvelle loi profonde de la réalité : la joie s’obtient et se mûrit dans la mesure où elle est livrée pour la donner aux autres, c’est cela finalement la mission. On comprend donc pourquoi Evangelii Gaudium insiste sur cette recommandation quand elle affirme, « le bien tend toujours à se communiquer » (EG 9). Et Saint Paul, conscient de cela, dit : avec zèle, « malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16). 

La joie donc est non seulement dans l’Evangile lui-même mais encore plus dans l’acte de l’annoncer, l’annoncer avec zèle.
Annoncer l’évangile avec zèle porte certainement du fruit. Saint Paul le confirme quand il affirme : « Ce zèle de votre part a stimulé le plus grand nombre » (2 Cor 9, 2). Le zèle dont il est question ici c’est bien évidemment celui de la capacité de ce peuple de vivre et de témoigner de sa foi chrétienne dans un environnement hostile à la nouvelle pratique religieuse. Le devoir du missionnaire est alors celui d’annoncer l’Evangile non seulement par sa manière de vivre mais aussi par sa capacité de transmettre sa foi aux autres. Et Saint Paul en est un exemple ! Le zèle dont il fait montre par ses correspondances aux différentes communautés en vue de préserver leur unité, ses nombreux voyages pastoraux et ses grands discours publics, en est la preuve. Cette attitude zélée de Paul doit être, de nos jours, celle des missionnaires qui travaillent dans un monde « de consommation multiple et écrasante … de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée » (EG 2).

QUESTION : Puisque témoigner dans ce genre de conditions peut être absorbant parce que cette population n’écoute pas, pourrions-nous, un jour faire nôtres ces mots du psalmiste, « mon zèle me consume, parce que mes adversaires oublient tes paroles ? » (Ps 119, 139)”.

Ghislain Inaï SMA. Côte d’Ivoire. Lyon. Media Center