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J’ai rendu visite aux confrères SMA du Maroc, du 9 au 18 janvier 2016.

Je tiens à partager avec vous quelques impressions de ma visite.

Le Maroc est un pays magnifique. Le paysage de Fès à Agadir est parfois à couper le souffle. Cependant, j’étais transi par le froid qu’il faisait à Fès au cours du mois de janvier, même à l’intérieur de la maison de la mission. Je ne m’attendais pas à un tel froid en Afrique. Néanmoins, le climat froid a été plus que compensé par la chaleur de l’accueil que j’ai reçu de mes confrères et de tous ceux que j’ai rencontrés durant mon séjour. Voyager sur les routes était agréable et calme ; voyagez en train et en bus a été une expérience très appréciable. Ce fut un plaisir aussi d’apprendre quelque chose de l’histoire de cette culture très ancienne et très estimée. 

Nos trois confrères vivent à une certaine distance les uns des autres. Pour cette raison, la vie communautaire n’est pas une option. L’évêque de Rabat, Mgr Vincent Landel s.c.j, apprécie la variété du rayonnement pastoral provenant de chacun des confrères. Il reconnaît que chacun a ses talents uniques et ils doivent être reconnus et appréciés.

À Fès, le P. Matteo Revelli fait un travail extraordinaire avec les migrants, les étudiants de l’Afrique subsaharienne et les prisonniers chrétiens. Je l’ai accompagné lors d’une visite dans les camps d’immigrés (sans doute le pire que j’ai vu dans tous mes déplacements) et j’ai été impressionné par la facilité de ses relations et l’estime évident dont on le tien. Littéralement Il s’agit d’un merveilleux exemple de prendre l’odeur du mouton. Ses efforts pour être un intermédiaire entre les prisonniers et leurs familles ainsi qu’un soutien spirituel sont également hautement louables. Nous avons passé une matinée dans un grand supermarché à acheter toutes sortes d’ustensiles pour ces détenus ; il s’agissait d’une dimension de la mission que je n’avais pas connue auparavant.

À Agadir, j’ai rencontré une paroisse florissante. Le P. Gilbert Bonouvrie a consacré les dernières 27 années de sa vie à cette communauté. Il est habilement secondé par Latifa et par de nombreux assistants bénévoles. La communauté se compose d’un nombre convenable de résidents chrétiens de la ville, de plus de cent étudiants originaires d’Afrique subsaharienne et de touristes (certains d'entre eux viennent pour des durées allant jusqu'à trois mois par an). Il peut y avoir plus de deux cents touristes à la messe dominicale. J’ai eu la chance de la visiter le dimanche. La chorale était dirigée par les étudiants africains et un grand groupe de touristes allemands étaient présents. Le chœur a été merveilleux. Le P. Gilbert est un linguiste doué. Il intègre donc autant que faire se peut, une variété de langues dans la célébration de la messe. Beaucoup de visiteurs m’ont exprimé leur estime pour cet effort d’intégration. J’avais l’impression qu’une « longue » messe en raison de l’usage de plusieurs langues pouvait être rebutante pour les touristes européens ; à ma grande surprise, j’ai trouvé que la grande majorité non seulement est restée jusqu'à la fin de la messe, mais a attendu pour partager un peu plus de la musique harmonieuse des étudiants. La discussion et le repas festif avec les étudiants après la messe m’ont indiqué combien une paroisse peut être une ressource pour les étudiants ainsi que le respect et l’appréciation qu’ils ressentent à ce que les paroisses et prêtres leur accordent.

El Jadida est une belle ville côtière approximativement à mi-distance entre Fès et Agadir. Ici, le P. Ladislas Penkala administre une petite communauté de chrétiens habitant la ville et une soixantaine d’étudiants originaires d’Afrique subsaharienne. Mgr Landel a évoqué son estime pour Ladislas qui a pu accroitre le nombre de participants étudiants de dix à soixante ans. Ce n’est nullement une mission facile : les ressources locales sont rares, étant donné que les européens sont peu nombreux et les touristes sont beaucoup moins nombreux qu’à Agadir, et les étudiants doivent se déplacer sur une longue distance en taxi de leurs centres d’hébergement de l’Université pour rejoindre l’église. Comme à Fès, on constate une diminution des étudiants chrétiens d’Afrique subsaharienne au cours des dernières années. Le P. Ladislas consacre la plupart de son temps aux formations catéchétique et autres apostolats aux étudiants. J’ai pu partager un repas avec un groupe de quelque seize d'entre eux (le nombre était faible en raison de la pression des examens à cette époque de l’année) et j’ai été une fois encore impressionné par le contact facile et la satisfaction évidente pour tout ce qui est offert.

C’était une belle visite. J’ai été impressionné par la qualité du travail accompli par chacun de nos confrères, chacun selon ses propres dons. Merci encore à tous pour la chaleur de l’accueil. Que cette mission unique au Maroc continue de s’épanouir.

 

O'Driscoll Fachtna SMA 
Supérieur Général