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pcd2 coverLes années passent, la Société des Missions Africaines évolue. Chaque année des représentants de ses entités se rencontrent pour analyser le passé, réfléchir sur le présent et planifier le futur. Cette année la rencontre à lieu à Nairobi, Kenya.

Bienvenue

J e suis heureux de vous accueillir tous à ce quatrième et probablement le dernier Conseil plénier de ce mandat. Tout à l’heure, nous serons formellement accueillis par les hôtes de ce rassemblement. Je tiens à remercier le père Jean Baptiste Musa-Bino, Supérieur du District-en-formation des Grands Lacs, le père Thaddeus Ogato, Supérieur Régional du Kenya et le père Mohan Divya Raj, Supérieur de cette maison de formation et chacune de leurs équipes, de nous avoir inviter dans ce cadre magnifique pour la tenue de notre Conseil plénier.

Je souhaite la bienvenue à ceux qui participent pour la première fois à un Conseil Plénier : les pères François du Penhoat, Désiré Salako, Francis Barka Nado, Joy Andrews, Janusz Machota et Narcisse Seka Ogou. D'une manière particulière, je souhaite la bienvenue à nos deux représentants laïcs : Dympna Mallon d'Irlande et Mara le Mahieu des Pays-Bas, missionnaire en Tanzanie.

Charisme et culture

pcd2 2Pendant les trois jours qui ont précédé mon départ pour Nairobi, j'ai assisté à Rome à la réunion de l’Union des Supérieurs Généraux. Ce genre de réunions se tiennent deux fois par an, la première à la fin du mois de mai et la seconde à la fin novembre. Les participants à la réunion de mai 2017 étaient moins nombreux que ceux qui ont participé à celle de novembre 2016 ; cela s'explique probablement par le fait qu'aucune audience avec le Pape François n'a été prévue pour cette réunion de mai. Le thème du rassemblement était le discernement vocationnel dans un monde interculturel. Le thème a été préparé à la lumière du Synode des évêques de l'année prochaine sur le thème de la jeunesse. Il a été convenu que les Supérieurs Généraux consacrent la prochaine réunion de novembre à une exploration plus approfondie de ce thème.

Le discours d'ouverture a été prononcé par le père Arturo Sosa, Supérieur Général de la Société de Jésus (jésuites). Le titre de sa présentation était Interculturalité, Catholicité et vie Consacrée. Bon nombre des points soulevés lors de son exposé et d'autres discussions sont pertinents pour nos propres discussions ici au Conseil plénier 2017. Plus tard dans le cours de la journée, Rozario nous fera une présentation et un petit atelier sur la vie interculturelle. J'attends donc avec impatience ces sessions.

Le père Sosa a précisé qu'un charisme est un don du Saint-Esprit à l'Église, donné à un individu à un moment donné et dans un contexte culturel particulier. Mais ce charisme n'est pas quelque chose de statique. Lorsque les personnes d'une culture différente de l'original et d'une période historique différente « reçoivent » ce charisme, elles y apportent quelque chose de nouveau de leur milieu culturel et de leur expérience. Ainsi, le charisme se développe ou évolue toujours. Je cite une section de l'allocution du père Sosa qui, selon moi, est particulièrement pertinente pour nous, car nous continuons à chercher à clarifier le charisme de la SMA aujourd'hui.

Les « cultures » des congrégations religieuses sont [aussi] dynamiques et évoluent selon l'histoire. Nous ne pouvons pas être en proie à la tentation de considérer le charisme comme immatériel et immuable, comme quelque chose d'extérieur et différent à la culture des personnes qui la vivent et de leurs cultures. L'appel de Vatican II à revenir à nos sources n'est pas une tentative de geler le charisme comme une « culture » intangible qui est transmis inchangé d'une génération à l'autre. Au contraire, c'est un appel à la fidélité créative à la dynamique de l'incarnation montrée par Jésus et à l'ouverture aux défis actuels de la mission de la Vie Consacrée comme partie intégrante de l'Eglise dont la raison d'être réside dans l'histoire évangélisatrice.

Une citation d'un deuxième article présenté à la réunion est également pertinente.

En partageant un charisme commun, les membres d'une congrégation internationale apportent diverses expériences d’Eglise et de vie religieuse, façonnées par les nombreux milieux culturels qu'ils représentent. L'hypothèse selon laquelle tous ont exactement la même vision de l'église, du ministère, de la vie religieuse et de la spiritualité peut conduire à des malentendus, des ressentiments et des conflits. Il est important de reconnaître la diversité des ecclésiologies et l'expérience vécue de la vie religieuse, et ne pas supposer que la façon dont elle est vécue dans le pays hôte est la seule et unique manière dont le charisme de la congrégation devrait être incarné.

(Discernement professionnel dans un monde interculturel, P. Mark Weber SVD)

Bien sûr, le charisme doit être avant tout enraciné dans la nouvelle culture avant qu'il ne puisse évoluer. Il faut aussi prendre soin de noter et de relever chaque fois que le l’environnement culturel est utilisé comme une excuse pour un refus de conversion au charisme commun. En effet, on peut aussi noter que le charisme d'un ordre contemplatif, mendiant ou d’un ordre enseignant est significativement différent de celui d'une société missionnaire ; On pourrait s'attendre à une plus grande variation d'expressions culturelles du charisme dans les premières que dans celle-ci. Néanmoins, je crois que cette compréhension de l'évolution du charisme peut nous aider dans notre réflexion personnelle et nos pratiques.

Événement 2017 Tresseurs de Cordes

Nous aurons une discussion lors de ce Conseil plénier sur l'événement 2017. Cet événement, conçu au Conseil Plénier 2015 à Chaponost et développé depuis lors, est une initiative visant à aider l'ensemble des membres de notre Société à réfléchir ensemble sur la façon dont notre charisme est vécu aujourd'hui. Il regarde le passé avec gratitude ; Il regarde le présent avec passion ; et il regarde le futur dans un esprit d'espérance. L'idée est de ne pas s’embourber dans le passé (se fixer sur…), mais plutôt d'apprendre du passé pour voir comment et où nous étions à notre meilleur niveau et de puiser de ce « meilleur » pour notre témoignage futur.

AG 2019 et Structures

Cette même mentalité de pensée positive est la base sur laquelle une méthodologie de discernement appréciatif sera proposée pour adoption à cette réunion comme la méthodologie de l'Assemblée générale 2019. En préparation de cette même Assemblée de 2019, nous examinerons lors de cette réunion certaines Propositions autour de nos structures. À la lumière de notre discussion ci-dessus sur le charisme et la culture, il pourrait être utile d'analyser les modèles proposés à la lumière d'un charisme évolutif à travers ses différentes expressions culturelles. Existe-t-il un modèle qui est plus susceptible de garantir la fidélité au charisme original tout en garantissant une évolution positive ? Existe-t-il des aspects du modèle qui peuvent nécessiter une attention particulière pour aider et maintenir la fidélité ?

Visites

Depuis le CP 2016, le Conseil Général a effectué de nombreuses visites dans les Entités et les Régions. J'ai effectué une visite canonique dans les régions suivantes : Bénin / Niger, Pologne, Côte d'Ivoire, Maroc, Lyon et Strasbourg, et Nigéria. Dans chacun de ces endroits, j’ai été inspiré par le dévouement de plusieurs de nos membres, jeunes et moins jeunes, sur les terrains de mission ou dans les maisons de retraite. Ceci ne veut pas dire qu'il n'y a pas de défis. Les rapports à ce Conseil Plénier soulignent de nombreux défis de ce genre. On remarque que dans tous ces domaines, les membres vivent le moment présent avec passion et se préparent à l'avenir avec beaucoup d'espoir.

Conclusion

pcd2 1Comme nous le verrons lors de l'examen de l'ordre du jour, nous ne manquons pas de sujets de discussion. J'espère et je prie afin que nos discussions se déroulent dans l'atmosphère fraternelle qui a toujours caractérisé de tels rassemblements. Je suis convaincu qu’il en serait ainsi. Je crois que nos discussions seront fructueuses et que les décisions que nous prendrons nous pousseront à une plus grande fidélité à notre vocation missionnaire.

Que nos discussions soient inspirées par le Saint-Esprit qui a donné le charisme SMA à chacun de nous. Que Marie Mère de Dieu intercède auprès du Père en notre nom. Et que le Serviteur de Dieu, Melchior de Marion Brésillac veille sur nous avec un soin paternel.

Je conclus cette brève allocution avec la même citation de Brésillac avec laquelle j'ai conclu l'allocution d'ouverture au premier Conseil plénier de ce mandat. Je ne doute pas que ses paroles restent valables pour toujours. Ces mots ont été utilisés à la fin d'une retraite prêchée à Pondichery, en Inde, en janvier 1849:

La joie que je vous souhaite, ce qui doit être le compagnon fidèle de notre travail, est la joie du cœur, la joie d'une conscience pure, la joie d'un serviteur qui aime son maître et qui se réjouit de travailler pour lui. C'est la joie d'une vocation qui nous fait sentir chez nous partout où le Seigneur nous envoie. Elle n'envie rien, ne désire rien, ne regrette rien, car il n'a qu'un seul désir dans le monde : faire ce que Dieu veut et rien d'autre.

Avec ces remarques préliminaires, je déclare ouvert le Conseil plénier 2017.

Fachtna O’Driscoll SMA
Supérieur Général