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L'année prochaine, l'église universelle tiendra un Synode des évêques pour réfléchir sur la jeunesse et la vocation dans l'église. Nous espérons que ce sera un moment de concevoir de nouvelles façons de servir pour ce groupe si vital dans l'église.

J'ai donc choisi de faire une petite réflexion sur notre Fondateur en relation avec ses idées sur l'éducation de la jeunesse afin que nous puissions nous inspirer de ce «grand serviteur de la mission» dans notre ministère parmi les jeunes. Mgr  Marion de Brésillac a été promoteur de l'éducation pendant son séjour en Inde.

L'Afrique, notre terre de mission, est en train de connaître une grande révolution dans le secteur de l'éducation. Les écoles et les autres établissements de formation émergent tous les jours. Certaines de ces structures appartiennent à la SMA ou sont gérées par elle. Bien que ce soit un développement positif, certaines préoccupations fondamentales demeurent non clarifiées: le but de l'éducation, le type d'éducation que nous donnons, et comment elle aide à la formation humaine et spirituelle de la personne.

Denis 1Dans une lettre à Mgr Clément Bonnand de Pondichery, en 1843, notre fondateur a précisé le but de l'éducation comme étant «un ensemble de connaissances, tant religieuses que naturelles, tant morales que scientifiques, qui disposent l’âme à user, pour le bien de toutes les facultés que Dieu lui a données... » (LE, 0091). En d'autres termes, éduquer une personne implique l'affinement de la faculté humaine, innée en chaque être humain, pour atteindre un certain niveau de perfection. Pour Brésillac, atteindre la perfection c’est avoir la vérité qui est Dieu et cette Vérité nous rend tous libres (cf. Jean 8, 32). Il a ensuite divisé l'éducation de la personne humaine en deux parties principales: le cœur et l'esprit. L'éducation du cœur est essentiellement religieuse et elle est dirigée vers l'éducation morale de la personne qui fait de lui une bonne personne sociale et un croyant en Dieu. D'autre part, éduquer l'esprit implique la découverte de talents pratiques pour le développement et le bien-être de la personne (cf. SM, 429-430).

À partir de ces idées du fondateur, nous pouvons répondre aux préoccupations soulevées ci-dessus concernant l'éducation. Dans nos missions aujourd'hui, il est important que nos écoles deviennent des centres qui forment l'esprit (la faculté) des jeunes vers une vie accomplie qui se trouve uniquement en Dieu. Nous avons pour mission d'aider les jeunes hommes et femmes d'Afrique à recevoir une bonne formation, bien fondée en Dieu pour une vie déterminée. Brésillac a également démontré que l'éducation ne doit pas être seulement un récit «rabbinique» de la littérature ou des sciences naturelles, mais une transformation de l'intellect moral de la personne. Pour que l'Afrique soit imprégnée et transformée par l'Évangile du Christ, nos structures d'éducation doivent donner une bonne formation morale et religieuse à la jeunesse. Cela aidera à lutter contre le pillage excessif des ressources publiques et, dans une large mesure, aidera à établir la justice et la paix, à éradiquer la pauvreté et tous les autres maux sociaux qui sont devenus le fléau des progrès de l'Afrique.

En tant que membres et associés de la SMA, nous avons une charge, celle « de déraciner et de détruire ... » (Jérémie 1, 10) des structures et des politiques qui continuent à freiner la véritable éducation des jeunes en Afrique. Fêtons le 161e anniversaire de notre fondation avec la promesse renouvelée d'aider les jeunes d'Afrique à connaître la vérité afin que cette vérité les libère. Bonne fête!

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Dennis Senyo Etti, SMA
Rome - 2017