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Un des premiers gestes du Pape François après son intronisation comme successeur de Pierre fut sa visite à Lampedusa le 8 juillet 2013. Il y a vu la tragédie humaine de notre siècle. Et depuis, il n’a cessé de multiplier les actions pour limiter les dégâts; 

il n’a cessé d’organiser des rencontres à différents niveaux avec des décideurs politiques ; il n’a cessé de lancer des appels à toutes les personnes de bonne volonté. Il a appelé l’humanité à s’unir pour faire face au trafic humain qui fait la honte de l’humanité.

Face à un tel fléau planétaire et quel que soit son bord religieux ou politique, toute personne éprise de la cause de l’humain doit éviter deux extrêmes :

  1. L’indifférence et l’inaction totales : la migration qui est la partie visible de l’iceberg du trafic humain est un problème planétaire. Il touche tous les continents, tous les peuples et toutes les races. Il n’est pas seulement intercontinental, il est aussi intracontinental. Vouloir rester indifférent et ne pas vouloir agir signifie tout simplement nier le soleil en plein jour.
  2. L’agir : Faire sauter toutes les barrières ou ouvrir toutes les vannes de contrôle pour un accueil sans limite ou bien resserrer les verrous aux frontières.

Le Pape a particulièrement lancé un appel aux différentes congrégations en Europe en général et celles en Italie en particulier à « ouvrir leur maison » aux migrant. Il a lui lui-même donné l’exemple en accueillant au sein de la Cité du Vatican une douzaine de migrants sans distinction aucune. Et dans son discours le 21 Février 2017 aux participants au Forum International ‘Migrations et paix’, le Pape François a réaffirmé que notre réponse commune pourrait s’articuler autour de quatre verbes fondés sur les principes de la doctrine de l’Église : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer .

Vu l’ampleur du flux migratoire en Italie et suite à l’appel lancé par le Pape, le Conseil Général de la SMA, avec l’accord de toute la communauté de la Nocetta, a décidé d’accueillir en son sein, quelques migrants. Après moult tentatives, par le truchement de ‘Centro Astali’ une organisation Jésuite au service des migrants, la communauté de la Nocetta a accueilli le 9 Février 2016 le premier migrant d’origine sénégalaise. Il sera suivi quelques jours après par un autre migrant d’origine nigériane. D’autres aussi suivront. Régulièrement, depuis cette date du 9 février 2016, nous avons accueilli 4 migrants par an, de septembre à juillet. Sont déjà passés chez nous un guinéen, quatre sénégalais, un nigérian, un couple Rom. Actuellement vivent avec nous quatre maliens. Tous sont de confection musulmane. Ils mangent avec nous quand ils sont à la maison. Ils obtiennent un régime spécial toutes les fois que le menu du jour contient quelque chose contraire à leur religion.

Ceux que nous avons accueillis jusque-là sont des personnes en train de passer de la phase de dépendance à celle d’autonomie et d’insertion dans la communauté italienne. Leur statut actuel vis-à-vis de l’Etat italien leur permet de travailler. De chez nous, ils vont régulièrement et librement à leurs lieux de travail. Ils ont accès à tous les lieux communs dans la maison et ont chacun une clé pour rentrer et sortir de la concession. Ils ont été tous agréablement surpris par la confiance que nous leur avons faite en leur donnant les clés.

En attendant une solution à long terme pour juguler la crise migratoire qui frappe notre époque d’une manière particulière, la SMA à la Nocetta a décidé de faire un pas en avant, un pas qui pourrait être vu comme une goutte d’eau dans la mer, mais un petit pas qui permet à certains migrants de faire un grand pas vers une certaine autonomie et une intégration dans la Société italienne. D’autres congrégations religieuses, des organismes à divers niveaux et même des individus acquis à la cause de l’homme et à son bien-être s’évertuent aussi pour apporter des solutions durables. Puissent le Seigneur bénir nos actions.

P. François de Paul HOUNGUE, SMA