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« Osons » c’est le mot en vogue dans l’Eglise pour mobiliser les énergies enfouies par la routine du quotidien. Le slogan « Osons la fraternité » a renouvelé de fond en comble il y a quelques années la dimension diaconale de l’Eglise de France.

 

« Osons la Mission » aurait dû connaître le même succès cette année pendant la semaine missionnaire si les acteurs de l’universel s’étaient persuadés davantage que la Mission est toujours d’actualité.

Le carême qui s’ouvre aujourd’hui nous lance un cri de ralliement  pour nous accompagner vers Pâques : « Osons la confiance »

« Oser » c’est faire appel à  l’audace qui ne dépend que de nous. Dans le désert Jésus affronte le Malin en ayant l’audace de le contredire sur toutes ses propositions pourtant mirobolantes. Satan lui propose la richesse, la puissance et la gloire. Jésus ne résiste pas seulement à ces tentations  mais il les combat par des convictions que la volonté de son Père lui inspire et sur laquelle il s’adosse volontiers pour gagner la partie.

« Oser » c’est prendre des risques. Abraham qui nous sera donné en exemple le deuxième dimanche de Carême prend le risque de perdre son fils en faisant confiance à Dieu. Dieu qui lui a donné un fils dans sa vieillesse veut le reprendre aussitôt de façon étrange. Malgré les réactions inattendues de Dieu le vieux patriarche ose lui faire totalement confiance.

« Oser » c’est endurer des contradictions. Moïse que l’on rencontrera sur la route de ce carême le troisième dimanche, aura fort à faire avec son peuple à la « nuque raide » pour l’associer au projet de Dieu qui souhaite le voir atteindre la terre promise.

« Oser » c’est aller vers des horizons inconnus avec ce que cela comporte d’imprévu. Des milliers de famille en errance en font chaque jour l’expérience. Poussées par la misère des pays d’extrême pauvreté, elles prennent les routes de l’exode à travers mer et désert pour un mieux être mais l’indifférence, la haine et la violence freinent leur marche lorsqu’elles ne les emportent pas dans les gouffres de la mort.

De nombreux catéchumènes répondront avec audace et fierté à l’appel décisif de l’Eglise en ce temps de Carême. Ils vont oser s’aventurer à la suite de Celui qui les mène de la plaine de leur existence à la montagne de la transfiguration. C’est un long chemin à risque et ils ignorent ce que demain sera fait pour eux dans leur église qui peut-être sera choyée ou peut- être encore persécutée. Assurément, ils osent le risque d’avancer sachant « qu’il est avec eux jusqu’à la fin des temps ».

« Oser » c’est avoir le courage que Jésus avait à Gethsémani. Dans l’obscurité de ce jardin il est en bonne compagnie avec ses proches et avec son Père mais il semble seul. Le courage acquis au bord du Jourdain semble s’évanouir à l’approche de la nuit de l’abandon. Alors que tout est endormi il ose avec audace se lever et s’écrier « allons » ! Il va avec sureté au devant de la tragédie qui se prépare.

J’ose vous inviter à prendre la route vers Pâques avec le risque que prit Abraham dans sa vieillesse alors que  tout semblait fini pour lui, avec la détermination de Moïse qui n’a pas été ménagé par les siens et avec l’énergie de Celui qui a osé affronter le supplice de la croix en remettant son esprit dans les mains du Père.

Bonne route vers Pâques! Cartateguy

 

Mgr. Michel Cartatéguy.   

Conseiller Provincial, Lyon.