Imprimer

South AfricaLe P. Samuel Mazda appartient à la Province nigériane de la Société des Missions Africaines. Il a été ordonné le 9 juillet 2005 à   Abuja, au Nigéria. Il travaille actuellement en Afrique du Sud et partage son expérience pastorale où sa première priorité   missionnaire a été de réconcilier la communauté de la paroisse du Montana.

Réconcilier 21 nationalités différentes ?

En ce qui concerne le travail pastoral, « l’Afrique du Sud n’est pas un pays comme les autres », a déclaré le P. Samuel Madza lors de sa récente visite à la MIM (Maison Internationale Missionnaire) à Lyon.

Partageant son expérience missionnaire en Afrique du Sud, et la comparant à ses expériences missionnaires précédentes, il nous a montré que la mission de l’Afrique du Sud est de nature particulière. Cela est dû à l’histoire de cette nation qui a obtenu son indépendance il y a 26 ans. Les cicatrices du régime d’apartheid sont encore visibles et l’une des principales missions du père Samuel est de « réconcilier la communauté paroissiale » qui compte « vingt et une nationalités différentes ».

Ordonné le 9 juillet 2005, à Abuja Nigeria, le P. Samuel est arrivé en Afrique du Sud en 2015 et a été reçu par le défunt père Pius (paix à son âme). Sa mission précédente était à Augusta-Maine aux États-Unis. Cinq jours après son arrivée, il dut prendre en charge une paroisse, et « personne ne m’a donné un document à lire (sur la façon dont les choses étaient censées se passer) », se lamentait-il. Il ne devait compter que sur lui, a-t-il ajouté, « pour trouver les moyens de répondre au désir de l’évêque ». Il passe donc six mois à Montana à écouter et à observer.

Compte tenu de la situation sécuritaire désastreuse, « j’ai été obligé de changer les clés de toutes les portes pour ma propre sécurité », a-t-il révélé avec un sourire.

Faisant les premiers pas pour la mission qui lui a été confiée par son évêque, le P. Samuel « a créé un comité pour la réconciliation, composé de membres de chaque nationalité ». Il a tenu une réunion avec ce groupe et, à partir de ce là, il a formé une autre petite équipe qui a fait un résumé de tout ce qui a été discuté dans le groupe plus large. Le résumé a été lu plus tard dans l’église et c’est ainsi que le chemin vers la réconciliation a commencé.

Les antécédents historiques

« Pour que l’on apprécie vraiment la mission en Afrique du Sud, il faut se rappeler que pendant l’apartheid, les Noirs n’avaient pas le droit d’entrer dans le quartier où je vis maintenant », a-t-il attesté. Évoquant l’histoire, il a ajouté qu’à 15 heures, chaque jour, une cloche sonnait ; tous les Noirs devaient alors disparaître de la région pour se rendre dans leurs propres résidences dans les (ghettos) townships, depuis que le gouvernement de l’apartheid avait regroupé les gens selon leur race. Et l’apparence physique n’était pas suffisante pour déterminer si l’on était noir ou blanc. « Un crayon, était coincé dans les cheveux des gens... ; si le crayon tombait des cheveux, on était considéré comme blanc, sinon... on était tout simplement considéré comme noir. Bien sûr, cette « loi a depuis été abolie », a-t-il confirmé. Par conséquent, il a reconnu que maintenant « les Noirs ont eux aussi le droit d’acheter des maisons, de louer ou de construire où ils veulent, y compris dans les zones qui étaient auparavant considérées comme blanches ». Cela signifie que les communautés qui étaient initialement purement blanches, ont maintenant des membres de couleurs et de races différentes.

Situation actuelle

Il a fait aussi remarquer que les Sud-africains noirs « aiment chanter à la messe, mais les Blancs, surtout ceux d’Irlande et d’AngleterreSouth Africa 1 par   exemple, n’aiment pas les longues messes avec des chants qui durent jusqu’à quatre ou cinq heures, et c’est l’une des difficultés que j’ai eue   aussi  à gérer. » Au moins maintenant, il y a un peu de compréhension, a-t-il affirmé. Il a ajouté également qu’il y a des activités telles que « les   kermesses que j’ai mises en avant, et cela correspond bien au charisme de la SMA et c’est une force pour nous. »

 Chaque fois qu’il y a des problèmes comme la xénophobie, il a souligné que « les paroissiens montrent de l’inquiétude et, personnellement, je   m’abstiens de prendre parti ». Cela dit, il a noté que certains étrangers « ont facilité leurs attaques par leurs propres comportements. »

 La conférence épiscopale d’Afrique du Sud (SACBC) par l’intermédiaire de LUMKO ( l’institut pastoral de la Conférence à Germiston, Gauteng, offre   à l’Église, en Afrique australe et au-delà, une vision transformatrice d’une Église communautaire basée sur Vatican II et le plan pastoral de la (SACBC) « Communauté au service de l’humanité »), entre autres programmes, organise un cours international annuel en pastorale pour les participants d’autres pays ; c'est un programme qui aide les nouveaux membres du clergé et les religieux en provenance d'autres pays en Afrique du Sud à connaître la réalité du pays au fur et à mesure qu’ils s’installent.

La pauvreté en Afrique du Sud ne fait pas de discrimination selon la couleur de la peau, il y a beaucoup de « pauvres Sud-africains blancs » et la paroisse fait beaucoup d’efforts (de charité) par exemple, pour nourrir plus d’un millier de personnes. Par l’entremise du comité d’entraide, jusqu’à cent cinquante enfants ont reçu chacun une trousse panier de nourriture et une paire de chaussures.

Il y a une bonne implication des laïcs à la paroisse, comme la présence des ministres eucharistiques, et la paroisse est financièrement autonome car les paroissiens contribuent bien à son fonctionnement.

Pour conclure, le P. Samuel a rappelé que les deux premières années ont été difficiles puisque « ce n’est pas le lieu dans la région, le pays ou même le continent où l'on est qui est source de joie de la mission », car cela demande « toujours de la peine pour changer de lieu, mais devenir missionnaire est un processus continu ». Le départ est toujours difficile, mais il peut aussi devenir bénédiction, car c’est ce qui nous façonne en vases et en instruments de l’Évangile.

                                                                                                                                                                                                                                                               Par Dominic Wabwireh, SMA