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Bresillac 1Notre postulateur, le père Andrea Mandonico, m’a demandé de partager quelques considérations sur l’événement du 26 mai passé quand le pape François a approuvé le décret qui reconnaît officiellement les vertus héroïques de Mgr Melchior de Marion Brésillac, notre Fondateur. Je le fais volontiers sur la base de l’expérience que j’ai accumulée pendant les années passées en ce service.

D’abord : cette approbation du Pape n’est pas une simple formalité qui ouvre la porte à la béatification, s’il y a un miracle obtenu par l’intercession de notre Vénérable. Il s’agit, au contraire, d’un acte riche de sens. Il reconnaît l’haute qualité de l’enseignement et de l’expérience spirituelle personnelle vécue par de Brésillac. Les réponses écrites des consulteurs théologiens qui ont examiné notre Positio, le montrent.

Un consulteur a écrit :

« (Mgr de Brésillac) fut un homme doué d’une profonde piété et richesse intérieure, animées par la Parole de Dieu, la théologie et la spiritualité de son temps. Ses écrits sont riches de prières liées aux événements de sa vie et de son action missionnaire. Il se présente donc comme exemple valable pour ceux qui dans l’Eglise aujourd’hui se consacrent à une vie et à une action apostolique et ils ont besoin d’une spiritualité particulière qui les soutienne ».

En outre, pour la rédaction de la Positio on demandait aussi de présenter l’actualité du message de Brésillac pour son temps et pour nous aujourd’hui. Voici deux passages :

« Le Serviteur de Dieu savait travailler dans le présent en préparant l’avenir, avec l’étude sérieuse du milieu, de l’histoire de la mission, en profitant des effets du discernement spirituel qui était devenu pour lui un style de vie et un élément très important pour l’activité missionnaire » (p. 23).

« Dans le monde présent il est encore plus nécessaire qu’hier de savoir ce que nous sommes et ce que nous voulons faire. Le Serviteur de Dieu s’est considéré toujours et partout un homme au service de quelqu’un, un chrétien au service de Dieu et de sa volonté, un disciple toujours engagé dans la meilleure réponse possible à l’appel de son Maître, Jésus Christ. Il a vécu comme un homme appelé. […] Dans sa vie et dans son action il a voulu agir avec intelligence, créativité, analyse précise des situations, compétence. Il aimait le travail bien fait et, dans la mesure du possible, un travail fruit de consultations et de partage avec les autres protagonistes de la mission. Dans un monde qui exige toujours plus de spécialisation, son témoignage et son message sont importants. Il aimait la qualité de l’action. Et quand il cherchait des candidats pour son Institut, il voulait des hommes de bonne qualité de tout point de vue » (p. 24).

A l’occasion de l’enquête sur notre vie missionnaire (cf. Passionnés pour la mission aujourd’hui, 2005, p. 185) un confrère avait reconnu : « Nous abordons trop en amateurs notre travail et notre mission ». Autrefois on parlait beaucoup de sainteté, d’engagement pour la perfection. Aujourd’hui nous pouvons employer d’autres mots. Cependant, nous ne pouvons pas oublier que dans notre monde la spécialisation se développe toujours plus dans tous les domaines et la concurrence est très forte. Alors les compétences et les vertus missionnaires exercées avec le meilleur degré possible sont la condition essentielle pour une annonce sérieuse et efficace de l’Évangile de Jésus Christ. La parabole des talents nous concerne toujours de près.

D’autres considérations :

Dans le temps, entre postulateurs, on discutait de l’importance ecclésiale d’un serviteur de Dieu, dont on a reconnu les vertus pratiquées à un degré « héroïque ». On avait demandé en haut (à la Congrégation des Saints) s’il était toujours nécessaire un miracle, même pour la béatification. La réponse : l’Eglise préfère avoir une « garantie divine » pour la béatification et pour la canonisation !

Ce décret sur le degré de ses vertus nous dit que de Brésillac est un don du Seigneur non seulement pour nous mais pour toute l’Eglise. C’est à nous de le faire connaître, spécialement dans l’animation missionnaire et vocationnelle. C’est à nous de proposer son intercession pour obtenir les grâces, dont beaucoup d’hommes et de femmes dans le monde ont besoin. Il nous est utile aussi de demander son aide auprès de Jésus et de son Esprit pour notre vie et notre action missionnaire.

Bien sûr, je suis heureux pour cette déclaration pontificale. Elle reconnaît aussi l’engagement spécifique d’un nombre considérable de personnes. Pour arriver à ce résultat il a fallu beaucoup de connaissances dans plusieurs matières et de patience. Et, parfois, une bonne dose de courage. Il a fallu aussi beaucoup de prière : merci à tous les confrères et à toutes nos communautés qui, pendant des années, ont récité la prière pour la béatification et la canonisation de note Fondateur. Une prière que nous voulons continuer et accompagner avec une action missionnaire riche de passion et de compétence.

« Les saints de l’Église sont le commentaire le plus important de l’Évangile, parce qu’ils sont l’interprétation incarnée de la Parole incarnée et ils sont donc réellement une voie pour arriver au Christ » (H.U. Von Balthasar).

                                                                                                                                                                                                       P. Bruno Simplicio