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cote divoire

Le 28 octobre 2020, l’Église catholique de Côte d’Ivoire a commémoré le 125èmeanniversaire de débarquement des   premiers missionnaires. À cette   occasion, à travers une série   d’épisodes, nous irons de Bassam à Korhogo à la découverte de  cette aventure mystérieuse.

  Avant d’entreprendre ce voyage sur les pas des pionniers, le   père  Pierre   Trichet retrace pour nous la préhistoire de   l’évangélisation de la Côte d’Ivoire.

« On pense toujours que l’évangélisation de la Côte d’Ivoire a commencé seulement en 1895 quand les Missions Africaines sont arrivées. C’est une erreur (...)

« Déjà en 1637, il y a eu des missionnaires qui sont arrivés en Côte d’Ivoire et y rester quelques mois (…). Et puis ensuite malheureusement il y a eu la maladie, il y a eu la mort et ça s’est terminé (…). C ’étaient des Capucins bretons qui venaient de St-Malo ou de Nantes.

2e essai, ce sont des Dominicains qui vont venir aussi à Assinie, donc en Côte d’Ivoire en 1687 (…) Et en particulier, un phénomène qui est connu en Europe, c’est que le roi d’Assinie va leur confier deux jeunes pour les éduquer en France. L’un s’appelle Anyaba et l’autre, Banga. Aniaba et Bonga vont venir en France et vont être accueillis par Bossuet qui sera leur maître catéchiste. Et même Anyaba aura pour parrain Louis XIV. Ensuite eux retourneront en Afrique, mais ça n’aura pas de suite.

Ensuite, il faut arriver au XIXe siècle (…). C’est en 1840. Un évêque américain qui vient avec des missionnaires français du Saint Cœur de Marie, une congrégation missionnaire fondée par le Père Libermann (…). En 1850-51-52, il y a deux missionnaires à Grand Bassam (…) et ils vont ouvrir une école. Leurs lettres nous permettent de suivre l’école à 5 élèves, l’école à 7 élèves, jusqu’à dix, puis ça redescend à 8, etc. Ils racontent aussi comment ils vont dans les villages mendier des garçons pour leur école. Ils parlent aux chefs des villages en leur disant : « nous venons pour, premièrement, vous apprendre à bien vivre. Ça, c’est la partie religieuse, disons, avec les commandements de Dieu, mais aussi pour apprendre à vos garçons à lire et à écrire. » Et ça, pas mal des chefs des villages sont sensibles à cet argument-là, et vont confier aux missionnaires un ou deux garçons (…). Malheureusement au bout d’un an, un des missionnaires est malade, on le renvoie à Dakar pour se soigner. Pendant ce temps le 2e, à son tour, est malade. Et là, il meurt sur place. Il s’appelait le Père Leret. C’est le 1er curé de Bassam. La paroisse à cette époque s’appelait St Jacques.

En 1895 arrive une période qui va être lancée par les Missions Africaines (…). Les Missions Africaines ont du monde disponible, et ça va pouvoir continuer jusqu’à nos jours.

Octobre 2020 commémore ainsi le 125e anniversaire de la 4e phase de l’évangélisation menée par les pères de la Société des Missions Africaines. Pour l’Abbé Pascal Akafou, chaque pas de cette période est une occasion pour tous les chrétiens ivoiriens de réfléchir à leur vocation missionnaire.

L’histoire de l’évangélisation de la Côte d’Ivoire, on peut l’établir en quatre grandes dates : le 28 octobre 1895, c’était vraiment le début de la mission systématique faite par les Pères des Missions Africaines (…). Cette date sera une occasion pour notre Église de réfléchir sur la mission (…).

La 2e grande date, c’est le 1er mai 1934 (…) : c’est le début du clergé autochtone que voulait le Fondateur, Mgr de Marion Brésillac. Il voulait que ses fils fassent tout pour former des prêtres autochtones (…). Que ce soit une journée consacrée au sacerdoce, aux prêtres. Que ce jour-là les prêtres réfléchissent eux aussi sur leur mission.

La 3e grande date, le 14 septembre 1955 qui consacre notre autonomie. Est-ce que, vraiment, nous travaillons à être autonomes ?

Le 8 mai, c’est la consécration, je dirai, le sommet de la fondation du clergé : c’est l’ordination épiscopale du 1er évêque et archevêque de Côte d’Ivoire, Mgr Yago. Que cette journée soit consacrée à l’épiscopat. Les évêques de Côte d’Ivoire d’aujourd’hui, est-ce qu’ils font leur travail ?

Le cap ainsi fixé, commençons notre voyage historique sur les pas des pionniers.

Brice Ulrich AFFERI