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vlcsnap RCILe 28 octobre 1895, les Pères Alexandre Hamard et Émile Bonhomme débarquent à Grand Bassam, envoyés par le père Augustin Planque, Supérieur général de la Société des Missions Africaines, pour une mission d’enseignement.


P. Pierre TRICHET, Archiviste Sma:

« En 1895, les Missions Africaines débarquent avec deux Pères qui ont été en fait appelés grâce à un besoin d’école (…) Quand ils arrivent, ils vont se présenter au gouverneur qui leur dit qu’il y avait des écoles à prendre. D’abord une à Grand Bassam qui était la capitale à ce moment-là (…) en tournant dans les villages des alentours, ils vont voir un village qui leur paraît très sympathique, avec un chef de village qui est très accueillant. La seconde école sera fondée à Memni. »

Mgr Joseph AKE, archevêque de Gagnoa:

« Je sais que les missionnaires sont arrivés à Memni par le biais d’un colon qui les a pris dans son petit bateau et les a conduits du côté de Petit Alépé où il les a déposés »

Jérôme OTI, catéchiste à Memni:

« le Père Hamard et le Père Bonhomme sont arrivés à Bassam, on leur a dit de venir voir vers la forêt, pour voir ce qui se passe ici. Ils ont suivi la Comoé, une fois ils sont arrivés à Alépé. D’Alépé, ils sont partis à Otui ; ils ont contourné, ils sont arrivés à Grand Alépé. Grand Alépé ne voulait pas les recevoir. Ils les ont chassés, C’est là qu’ils sont arrivés à Montézo, Montézo aussi les a chassés. Quand ils sont arrivés à Memni, les villageois voulaient les chasser. C’est N’Doumi Awa qui les a accueillis. »

Très vite, la petite équipe des missionnaires voit s’augmenter ses effectifs avec les arrivées successives des pères Matthieu Ray, Jean-Marie Bédel, Pierre Méraud et tant d’autres. Le père Méraud arriva le 21 octobre 1896. Il fut à la fois instituteur et missionnaire itinérant.

 Mgr Joseph AKE, Archevêque de Gagnoa:

« Alors Méraud, on l’appelle le Père des Akye. Nous… c’est notre grand père quoi. Il est resté là. Il a appris la langue… Il envoyait aussi des catéchistes dans nos villages akye : Adzopé, Anyama, Akoupé. Ce qui fait que si le peuple akye a été, surtout du côté d’Anyama, vite évangélisé, c’est grâce à lui… il a marqué le peuple akye jusqu’à sa mort en 58.

Le Père Pierre Méraud vivra 46 ans à Memni et 16 ans à Dabré. Un long séjour missionnaire au milieu d’un peuple qui le considère aujourd’hui comme son apôtre. 

 

Lazare AHOU, Chercheur Indépendant

« d’une manière générale, c’est le Père de tout le monde. Et ce qu’on m’avait dit, c’est un bon prêtre. Il est bon, il est courageux. Lui-même se disait, d’après ce que j’ai lu, c’est le broussard de l’akyé. Le broussard de l’akye parce qu’il fait tout à pied. De Memni il va à Adzopé à 100 km et plus. Il marchait, il n’y avait pas de véhicules. Comme je disais, le broussard de l’akye. C’est quelqu’un qui était venu véritablement pour accomplir l’œuvre de Dieu. »

En peu de temps, le premier noyau de l’évangélisation se constitue le long de la côte autour des écoles. Celles-ci assuraient aux missionnaires leur prise en charge.

 

P. Pierre TRICHET, Archiviste Sma

« comme il y a quand même un petit salaire, qui est en fait à peu près le tiers du salaire des instituteurs professionnels, ça permet tout de même à deux prêtres de vivre. Et donc le supérieur des Pères en Côte d’Ivoire qu’on appelle le préfet apostolique, se dit, on peut ouvrir autant de missions qu’on veut, je n’ai pas de questions d’argent, parce que je ne suis pas obligé de les nourrir puisqu’ils gagnent suffisamment d’argent (…) Voilà comment la Côte d’Ivoire a ouvert 7 écoles en 3 ans. Dans les 3 premières années, 1895-1898, il y a 7 écoles qui sont ouvertes. Jamais aucun autre territoire où les Missions Africaines travaillent, n’a été le théâtre d’une ouverture de missions aussi rapide. »

Lorsqu’en France, en 1904, la loi Combes interdit l’enseignement aux congrégations religieuses, elle fut étendue aux colonies. Le missionnaire quittera l’école pour se consacrer à l’évangélisation primaire. Mais avant, les débuts de cette évangélisation furent pénibles et laborieux.