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Jubile70 ans de sacerdoce : P.Joseph Marty

60 ans de sacerdoce : P. Jean Charrier ; P. Jean Louis Duffés ; P. Gérard Landais ; P. Loïc de la Monneray ; P. Jacques Sicard ; P. Sébastien Epphère ; P. Marcel Provost.

Homélie de Mgr Michel Cartatéguy à partir de la lecture du premier Livre des Rois, 17, 3-16

« Léve-toi et va » dit Dieu à Elie. C’est l’appel de toute vocation. La vôtre aussi est née de cet appel formulé de différentes manièresil y a 70 ans ou 60 ans.

Elie s’est mis en marche sans poser de condition, sûr que le Seigneur le conduirait et le mènerait sur des routes sûres même s’il devinait 

qu’elles seraient imprévisibles. Elie partit sans assurance sauf celle d’accomplir la volonté de Dieu comme vous êtes partis en Afrique pour réaliser une vocation à laquelle vous vous êtes donnés entièrement.

Elie était parti vers l’Orient dans un ravin près du Jourdain.  Les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande. Cet épisode d’Elie nous a donné l’expression « ravitaillé par les corbeaux » pour signifier l’éloignement d’un village sans commerce et sans connexion.

 Vous-mêmes peut être avez-vous expérimenté cette situation de l’éloignement. Eloignement familial, culturel ou social. Qu’importe ! votre volonté de faire la volonté de Dieu a surpassé les épreuves qui auraient pu vous décourager.

Elie n’a jamais été abandonné comme vous ne l’avez pas été. Dieu ne vous a jamais demandé l’impossible. Regardant votre parcours missionnaire, vous n’avez pas été épargnés par les difficultés de la vie, vous avez eu votre part de contradiction. Comme pour Elie, le torrent fut parfois sec   mais Dieu a toujours su vous préserver de l’abattement.

Comment a-t-il fait ? C’est son secret et peut être aussi le vôtre.

N’a-t-il pas transformé l’instinct égoïste du corbeau ? Le corbeau  ne partage pas sa proie, c’est un vrai charognard comme on en voit en Afrique sur les toits des marchés, prêt à voler toute nourriture pour satisfaire sa faim.

Et pourtant Dieu le choisit pour nourrir Elie. Le corbeau, oiseau impur devient par la grâce de Dieu le symbole de celui qui sait partager.

Elie ne restera pas dans ce ravin. Dieu lui demande d’aller plus loin, ailleurs, c’est le propre du missionnaire de partir sans s’établir. Mgr Marion de Brésillac a beaucoup insisté pour que le missionnaire ne s’approprie pas ses réalisations et s’implante à vie dans ce qui le conforte.

Aller toujours plus loin, aller en terre étrangère, en milieu inconnu. Personnellement, comme évêque lorsque je cherchais des missionnaires pour les envoyer là où personne ne voulait aller, je contactai la sma parce que c’est justement là notre vocation.

Certains parmi vous sont allés effectivement là où il était difficile d’aller pour les autres et c’est tout à votre honneur.

Elie donc se met à nouveau en marche vers Sarepta. Sarepta est en terre étrangère, en terre païenne.  Sarepta n’est pas en Israël mais au pays de Sidon.

Si aujourd’hui, des communautés chrétiennes naissent en Afrique dans certaines contrées que l’on avait sous estimées, prétextant que tel peuple ne pouvait pas accueillir la Parole de Dieu, votre présence courageuse, insistante et gratuite a produit des fruits que les églises locales aujourd’hui récoltent en vous rendant reconnaissance.

Elie rencontre la veuve de Sarepta et lui demande : « prends- moi, je te prie, un peu d’eau dans un vase pour que je boive, prends en main, je te prie, une tranche de pain pour moi. » »

En vous rendant hommage, je voudrai aussi manifester ma reconnaissance à tous ceux et celles qui vous ont accompagné dans votre mission.

Les veuves de Sarepta ont été nombreuses sur votre route vous offrant l’eau et le pain à l’heure de midi ou du soir.

Comme elle, certaines vous ont manifesté leur désespérance sans jamais refusé l’hospitalité.

Vous avez alors été touché par la détresse de ces personnes spécialement par celles qui étaient rejetées par la tradition de leur propre peuple.

Vous avez alors manifesté votre foi, la foi qui remet debout, la foi qui parle de la vie. Vous avez apporté l’espérance parce que le Seigneur vous avez choisi pour transmettre des paroles de vie.

Chers frères ainés, nous vous remercions d’avoir été des Apôtres de la vie, des Apôtres de la grâce de Dieu, des Apôtres selon le cœur de Dieu.

Amen.