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En réponse à la prière de notre Seigneur Jésus, qui à la veille de mourir, a prié pour que nous, ses disciples, soyons ‘Un’, (Jn 17, 1-26) et pour guérir la plaie de division qui ronge les chrétiens, des efforts ont été fournis dès l’aurore de l’Église à travers les conciles, mais plus encore à partir de la seconde moitié du dix-neuvième siècle: c’est le mouvement œcuménique. L’Église Catholique n’est pas restée en marge de cet effort de restauration de l’unité des chrétiens. Et ceci nous le notons bien à travers les lignes du décret conciliaire ‘Unitatis Redintegratio

Pour matérialiser cette vision œcuménique, une semaine, la troisième du mois de Janvier, le premier mois de l’année, fut mise en place il y a 52 ans pour nous permettre de célébrer, de prier et de promouvoir la miséricorde, la justice, la réconciliation et l’unité. Au cours de cette semaine, nous-nous efforçons, comme le souligne si bien le Pape François, de «reconnaître la valeur de la grâce concédée aux autres communautés chrétiennes», et de faire un «échange de dons», dans le déroulé de ce temps de grâce, de vérité et d’Amour.

Ce sont les Églises d’Indonésie qui, cette année, invitent, par le Conseil œcuménique des Églises, les chrétiens à prier pour l’unité avec un thème tiré de Deutéronome (16,11-20). «Tu rechercheras la justice, rien que la justice »: tel est le thème des méditations de la Semaine de prière pour l’Unité chrétienne qui se déroulera du 18 au 25 janvier 2019.

En effet, le droit ou le devoir œcuménique ne peut consister aujourd’hui en une uniformisation choisie et en un nivèlement obligé des églises sœurs ou mouvements religieux chrétiens avec l’Église Catholique. Car comme nous le rappelle Saint Paul, dans sa lettre aux Corinthiens, « Frères (et sœurs) les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous.», (1Cor12, 4-6). Le thème de cette année est une interpellation à adopter une disposition divine et une vertu cardinale dans le traitement que nous-nous faisons à la suite du Christ, l’épicentre de notre foi commune.

La pastorale œcuménique n’est pas un choix mais une nécessité non coercitive certes, cependant inhérente à notre foi commune et notre identité chrétienne. Ne rien rechercher que la justice c’est passer du discours au parcours pour une solidarité constructive, pour un sens de partage de responsabilité et de charité plus transparente à la personne du Christ notre modèle à tous. La semaine pour l’unité des chrétiens exige sincérité, volonté et témoignage. Sommes-nous prêts à traduire nos définitions en des actes car nous tous nous savons comment les actions parlent plus que les mots? Le chrétien est par essence un être de communion et de communication d’où il est un être d’unité. Il est appelé à la suite du Maître le Christ à œuvrer et à promouvoir l’unité par ‘‘le lien de la paix’’, le don des sacrements et les dons de l’Esprit Saint.

La Parole de Dieu est un outil d’expression de cette unité, le regard bienveillant de la recherche de la connaissance mutuelle et de l’approfondissement de la connaissance de l’indivisible et unique Maître et Sauveur Jésus-Christ sont autant d’avenues pour maximiser le Vivre ensemble moins hostile et plus juste. Les ateliers de discussion afin de réduire les contradictions et les célébrations communes de la parole sont des ressources pour booster l’économie œcuménique et unitaire des chrétiens aujourd’hui. A tout cela on peut ajouter l’accueil de l’autre sur les territoires paroissiaux et diocésains, l’hospitalité, la cohérence et l’ouverture sans compromission, le refus du mensonge, le refus de la manipulation de l’orthodoxie. Vivre dans la vérité du Christ chacun dans la position qu’il est et du point où il se trouve, tel le soleil avec la diversité des habitants de la terre, c’est bien faire justice et promouvoir la cohésion et l’harmonie. Et c’est à juste titre que le psalmiste nous enseigne que: «Amour et vérité se rencontrent et que justice et paix s’embrassent», et le Christ est le Prince par excellence de la paix.

A l’Église Catholique du Christ comme à la Société des Missions Africaines, nous sommes bien persuadés qu’une chose nous fait défaut, nous faire justice les uns les autres et rien que la justice, c’est-à-dire nous aimer les uns les autres et ne rien chercher que l’amour. Car comme le Christ nous le dit « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples.», et le Serviteur de Dieu, Mgr De Brésillac de renchérir: «Aimons-nous les uns les autres, sans distinction de rang, de fortune, d’habitation, de climats, (on pourrait ajouter sans distinction de confessions ou de mouvement religieux chrétiens.), nous sommes les membres d’une seule famille (d’un seul corps), les fils et filles bien-aimés du même Père, les héritiers assurés d’une même couronne. Une seule chose nous distingue, c’est que nous devons nous aimer les uns les autres…Voyez, voyez ce que j’ai fait pour vous, nous dit-il, voilà ce que vous devez aux autres: vous aimez les uns les autres (Jn 13,34)»

A la suite de Brésillac, si nous comprenons ce qu’exige de nous l’amour évangélique, en face d’une si pure charité, il n’y a pas de grande difficulté, pour rendre honneur au Christ. La plus grande gloire que nous pourrions lui procurer nous pécheurs, le plus grand témoignage que nous puissions, en retour, lui donner de notre amour c’est de travailler à l’unité des chrétiens. Préservons donc l’héritage de la foi commune, un seul Seigneur, une seule Foi, un seul Baptême, un seul Esprit, un Seul Dieu et Père afin de se guérir mutuellement pour le Royaume.

Eleuthère Ouensavi, SMA