Imprimer


polycarpe.jpg

Le père Polycarpe Désiré Guinimbele est prêtre de la Société des missions africaines depuis 2014. Il est originaire de la République Centrafricaine. De passage à Lyon, au SMA Media Center, il nous partage son expérience missionnaire au Niger (2014-2017), puis en Centrafrique où il a été nommé, depuis octobre 2017, secrétaire-économe et chargé de l’animation missionnaire et vocationnelle.

À Doutchi, au Niger

Doutchi au Niger, fut ma première affectation missionnaire où j’ai débarqué le 24 octobre 2014. Je fus accueilli par le père Maria Joseph Paramanandam, un confrère indien. Très rapidement, nous définîmes nos priorités missionnaires, principalement axées sur la pastorale de première évangélisation, et plusieurs tâches me furent confiées : catéchèse, évangélisation auprès des malades (SEM), pastorale des jeunes et des enfants, référent pour les Communautés ecclésiales de base et la Légion de Marie, liturgie...

Notre catéchèse à Doutchi fut essentiellement baptismale. Il en est ainsi d’ailleurs de l’ensemble du pays. La catéchèse consiste à susciter la foi et à accompagner les premiers pas des jeunes convertis. Elle s’enracine dans la recommandation du Christ Ressuscité à ses disciples : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit (…) Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Cette tâche d’éducation à la foi fit partie intégrante de mon activité missionnaire.

Mon engagement au service évangélique des malades fut pour le moins caritatif. Il était marqué par une attention particulière aux malades, aux personnes âgées ou isolées, aux plus abandonnés. Non seulement nous leur procurions un accompagnement spirituel (messe, sacrement des malades, prières diverses), mais nous leur rendions des visites fréquentes et, en cas de nécessité, nous apportions une assistance matérielle qui pouvait être alimentaire ou médicamenteuse. Cette assistance était offerte à tous, aux chrétiens comme aux non-chrétiens. Ce service était partagé par tous, prêtres, religieuses et fidèles laïcs.

En évoquant les fidèles laïcs, je pense particulièrement aux légionnaires de Marie, ce groupe de femmes dévouées à la Vierge et qui, une fois par semaine, se retrouvaient pour prier et pour partager la Parole de Dieu. Leur implication dans le service caritatif paroissial fut grande, et leur visibilité était un réel témoignage aux yeux de tous. Les légionnaires de Marie participaient régulièrement aux rencontres des communautés ecclésiales de base (CEB), ces petites cellules de prière, de partage et de réflexion dans lesquelles, deux fois dans le mois, les fidèles se retrouvent dans le domicile de l’un des leurs pour penser comment allier Parole de Dieu et vie sociale, foi chrétienne et culture, solidarité et partage. Entre Caritas et éducation de la jeunesse, liturgie et témoignage évangélique, les CEB se positionnent comme l’énergie de la vie paroissiale. Elles fournissent les fidèles, elles pensent la liturgie et la charité, elles animent la catéchèse…

Au sein des CEB (et des autres mouvements que j’ai accompagnés), mon rôle fut celui de l’animateur qui écoute et qui conseille, et qui, parfois, suscite à l’initiative. C’est ce qui a poussé, je le pense, Mgr Laurent Lompo, archevêque de Niamey, à me confier, au bout de deux ans, la responsabilité de la paroisse, après que le curé ait été rappelé en Inde pour d’autres missions. Je pus alors apprécier le rôle, combien important, exercé par le Conseil pastoral paroissial (CPP), organe composé des représentants des mouvements paroissiaux et qui, avec le curé, pensent au développement de la paroisse. Cependant, mon passage éphémère (un an), ne m’a pas permis d’entreprendre des projets d’envergure. Je me contentai d’assurer la gestion des affaires courantes.

Au district-en-formation sma RCA

Au mois d’octobre 2017, j’ai été rappelé en Centrafrique pour exercer les fonctions de secrétaire et d’économe du nouveau district-en-formation sma (DFC). Comme secrétaire, mon rôle consiste à mettre à jour les documents actuels et d’archives, à transmettre les dossiers des membres au Conseil général sma, à gérer l’agenda du Conseil de DFC et du supérieur, à rédiger les courriers officiels et les comptes rendus des réunions du Conseil ou des assemblées. Nous nous occupons aussi des assurances maladie.

En tant qu’économe du DFC, j’ai la responsabilité de gestion et de recherche des fonds. La tâche s’avère ardue, compte tenu du difficile contexte socio-économique et politique que traverse la République Centrafricaine. Pour le moment, nous veillons à ce que toutes les structures sma en Centrafrique fonctionnent normalement.

En dehors de cela, je rends des services ponctuels au centre St Pierre Claver, maison de formation sma pour la propédeutique située à Bangui, et je m’occupe aussi de l’animation missionnaire et vocationnelle. C’est à ce titre qu’il m’arrive d’intervenir dans les paroisses sma, pour avoir une certaine proximité avec d’éventuels candidats.

Polycarpe Désiré Guinimbele, sma