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28072020 Richaud PierreDepuis que j'ai annoncé que je repartais en Afrique pour servir au séminaire sma de Lomé, j'ai eu bien des commentaires. Certains sont très positifs et on me félicite, d'autres sont plus réservés : "Tu es audacieux de partir après 19 ans de coupure avec le climat africain." Lorsque le Conseil Général m’a demandé ce service j'avais d'abord dit 'non'. Accompagner des jeunes qui vont devenir missionnaires à la suite de Mgr de Brésillac, c'est important et passionnant.

Vivre en compagnie de jeunes, ça l'est autant. Mais je n'avais jamais fait de l'accompagnement et accompagner des futurs prêtres, ça ne s'improvise pas, il faut un minimum de compétences que, à mon avis, je n'avais pas. Puis on m'a proposé de suivre pendant un an des sessions de formation au Châtelard. Ça devenait plus sérieux et alors j'ai dit 'oui'. Le covid-19 a bien apporté quelques perturbations dans le programme qui avait été fait, mais j'apprécie ce qui a pu être réalisé. Et je suis heureux de pouvoir me lancer dans ce service de la Mission.

Je suis conscient que c'est un sacré défi que j'ai à relever. Est-ce que les membres du Conseil Général avaient conscience de toutes ces difficultés ? On m'envoie dans un pays où je n'ai jamais travaillé. Bien sûr Cotonou et Lomé ont beaucoup de ressemblances, mais il y a aussi des différences, à commencer par la langue locale. On m'envoie faire un travail que je n'ai jamais fait. J'ai beaucoup à découvrir à l'école des jeunes confrères qui gèrent le séminaire. On m'envoie en Afrique. Est-ce que, à plus de 70 ans, on peut se réhabituer au climat et à la chaleur ? Est-ce que la santé tiendra ? C'est sans doute là le plus grand défi. Mais c'est dynamisant d'avoir ainsi à relever des défis. Suis-je présomptueux ? Peut-être. Il se peut qu'on me voit revenir à Lyon dès Noël avec de sérieux problèmes de santé. Cependant, j'espère que mon retour se fera comme prévu après une année scolaire. Mais peut-être aussi je serai prêt pour renouveler l'expérience encore un an ou deux. Il faut être prêt à toutes les solutions. 5 En 1964, quand j'ai quitté mon diocèse du Puy pour commencer le grand séminaire à Chamalières, c'était le désir de faire connaître l'Évangile en Afrique et aux Africains qui m'animait. Ce désir est toujours le même. Je pense avoir été fidèle à cette vocation partout où j'ai travaillé. Au 150, je veux dire à la MIM, j'ai vécu le service des confrères dans cet esprit-là. Ma présence au Secours Catholique auprès des migrants correspondait bien à cette vocation. Aujourd'hui on me demande un service pour la Mission en Afrique, je me dois de répondre présent. Les difficultés ont toujours existé. Elles ont existé pour Mgr de Brésillac, elles ont existé pour tous les jeunes missionnaires qui, au XIXème siècle, partaient en disant 'adieu' à leur famille, elles existent pour les jeunes qui aujourd'hui acceptent de répondre à l'appel du Seigneur pour être missionnaire, elles existent aussi pour moi qui aurais pu espérer un poste bien plus sécurisant dans une de nos communautés en France. Mais le service du Seigneur nous demande d'aller toujours plus loin. Aller à Lomé aujourd'hui, c'est, pour moi, permettre à des jeunes d'aller plus loin dans leur engagement à la suite du Christ.

                                                                                                                                                             Pierre RICHAUD