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Le SMA International Media Centre a eu le privilège d’interviewer le P. Oshalaiye Christopher, SMA, au sujet de sa mission en République du Bénin. Cet article est une réponse à cette interview.

Chris Oshalaiye 1 31 08 2020« Je suis un prêtre missionnaire heureux et je suis heureux d’avoir l’occasion de servir le peuple de Dieu chaque jour. »

Le P. OSHALAIYE Christopher, sma, originaire du Nigéria, ordonné le 4 juillet 2015 a été nommé en république du Bénin pour la mission. Depuis lors, il a travaillé dans deux paroisses de la partie nord du pays, à savoir Notre Dame du Sacré Cœur, Banikanni, dans l’archidiocèse de Parakou (2015 – 2017) et Notre Dame de Lourdes, Bougou, dans le diocèse de Djougou (2017 jusqu’à présent).

« La paroisse où je travaille actuellement (Notre Dame de Lourdes à Bougou), est bénie avec 39 stations dont la plus éloignée de la paroisse est à 49 km », a-t-il dit. L’un des plus grands défis auxquels il est confronté, ce sont les dix langues différentes qui sont parlées dans la région, à savoir ; Lokpa, Kabye, Yom, Fulfude, Nago, Ditamari, Fon, Lema, Anglais et Français.

Illustration of a map of Djougou« À une époque, je pensais que le nombre de personnes présentes à la messe était le facteur le plus important, j’ai été très surpris de constater que, dans cette nouvelle paroisse, à peu près 10 à 15 personnes viennent à la messe du matin, ce qui n’est pas comparable avec la paroisse précédente où j’ai travaillé », s’est-il exclamé, ajoutant que « je retrouve le savoir-faire que j’avais au Niger, quand je suis allé aider les confrères sma pendant la pause m’a permis de relativiser la notion de nombre ». Le P. Oshalaiye a pris conscience que l’essentiel pour un missionnaire n’est pas une question de nombres, mais le témoignage de la foi, « je suis appelé à être fidèle à la mission sans trop me préoccuper du nombre, en gardant à l’esprit que le nombre ne détermine pas nécessairement la foi ».

Il est à noter que la zone où la paroisse de Bougou est située est une zone peuplée à prédominance musulmane, mais il y a une tolérance religieuse et la relation entre les chrétiens et les musulmans est à l’amiable.

College Esperance BougouFidèle au charisme SMA et à la lecture des signes des temps et les besoins des gens dans le village, la paroisse, en accord avec le diocèse de Djougou, a ouvert une école catholique (une crèche, primaire et secondaire) appelée Complexe Scolaire Catholique Espérance de Bougou qui est ouverte aux enfants de tous les milieux sociaux. « Pour nous ici, c’est aussi un moyen d’évangélisation », selon le P. Oshalaiye. Pour lui, le désir de devenir prêtre remonte à l’époque où il était un enfant de cœur. C’est le style de vie du P. Flatley Alphonse, sma qui « m’a attiré à la SMA quand j’étais au petit séminaire où il était vice-recteur », a-t-il dit.

Parmi les joies de la mission qu’il éprouve jusqu’à présent, c’est d’avoir « une autre famille loin de chez moi, de me sentir accueilli, être compris et surtout la joie d’être avec des gens qui veulent sincèrement la croissance de la mission du Seigneur malgré les défis quotidiens ». Il a également reconnu qu’il s’est « toujours senti soutenu par les confrères SMA » et par ceux vers qui il est « envoyé ; et cela par leurs gestes d’amour et de soutien » envers lui et la mission. Et cela, selon lui, a contribué à sa croissance en tant que missionnaire SMA.

Les enfants Bougou 31 08 2020Comme toute autre mission, tout n’est pas la joie, tout n’est pas rose à Bourgou. Manques de fonds suffisants pour gérer l’école efficacement, relâchement dans certains domaines du programme pastoral qui parfois le font aller jusqu’à 35 km sans trouver personne au rendez-vous. L’assistance habituelle compte plus de personnes âgées et c’est assez inquiétant, mais il dit aussi qu’il "reconnaît que l’Esprit Saint est très actif dans le travail d’évangélisation de l’Église ». Il a également mentionné un fait dans d’une des chapelles où le catéchiste n’arrêtait pas de lui rappeler que les fidèles âgés diminuent : Un jour, « Venus de nulle part, un bon nombre d’enfants se sont joints à la célébration eucharistique. Personne ne les invitait ni n’avait sonné la cloche, ni les avez distribués des bonbons, mais c’était un signe que Dieu n’avait pas tourné une oreille sourde à ses fidèles, car lui-même les avait apportés », a-t-il dit.

Un autre défi ne peut échapper à personne. C’est la pandémie mondiale du covid-19 qui a presque bloqué le monde entier. « Cela a affecté la religion aussi, et même si l’Église Catholique dans son ensemble a fait sentir sa présence grâce à ses actes de charité à tous les niveaux », a-t-il dit, « la pandémie nous a aussi appris à nous concentrer davantage sur ce qui est vraiment essentiel pour la foi ». Il a ajouté que cette pandémie, « a donné à beaucoup l’occasion d’avoir une idée de ce que les premiers chrétiens ont vécu pendant la persécution, obligés de se cacher afin de célébrer l’eucharistie, et maintenant dans notre propre cas les chrétiens ont été soumis à faire sans l’eucharistie pendant des mois ».

Chris Oshalaiye 2 31 08 2020La Société de Mission Africaine a maintenant 164 ans. Il a vu les missionnaires aller et venir. Beaucoup de choses ont été accomplies ; des vies ont été touchées, mais beaucoup reste à faire, et c’est pourquoi le P. Oshalaiye soutient que « le charisme SMA est toujours d’actualité parce qu’il y a beaucoup de gens qui ne connaissent toujours pas le Christ et les plus abandonnés sont encore là. En outre, au fil des ans, j’ai réalisé que connaître le Christ ou être chrétien, c’est plus que de venir régulièrement à l’Église comme on le voit aujourd’hui et que la SMA dans son ensemble a encore beaucoup de travail à faire ».

Comme dans le film panthère noire, "vous devez décider du genre de roi que vous voulez devenir," mais dans ce cas, vous devez décider du genre de prêtre missionnaire que vous voulez devenir. Malgré tous les hauts et les bas de la mission, « c’est la grâce et l’amour de Dieu qui m’ont vraiment soutenu. Il a été fidèle et a été ma force motrice. Il m’a montré son amour à travers ma famille, mes amis et les gens à qui je suis envoyé », a-t-il dit, ajoutant que « je suis un prêtre missionnaire heureux et je suis heureux d’avoir l’occasion de servir le peuple de Dieu chaque jour. »

Par Dominic Wabwireh, sma